Les filles de Nawal  


Bientôt 20 ans que Nawal El Moutawakel devenait la première femme arabe à conquérir l’or olympique. C’était en 1984, à Los Angeles sur 400 mètres haies. Comme d’autres sportives, Nawal aurait pu se contenter de cette magnifique réussite et rentrer dans la vie conventionnelle offerte à une femme aisée, mère de deux enfants. Mais son tempérament de feu l’a poussée vers mille projets et initiatives, particulièrement axés sur les actions militantes destinées aux femmes et enfants, Ainsi fit-elle renaître après plusieurs années de sommeil, la « Course des Femmes » de Casablanca, une épreuve bâtie pour transmettre aux femmes marocaines le goût du sport. Elles furent près de 10 000 à y participer cette année, pour une belle démonstration de l’esprit de solidarité au féminin. Et Michael Johnson, Edwin Moses, Emerson Fittipaldi, présents à Casa dans le cadre d’une action humanitaire, peuvent en témoigner : quinze ans plus tard, Nawal El Moutawakel se joue toujours aussi bien des obstacles…

Nawal El Moutawakel s’est avancée tranquillement, dans ce décor grandiose, marbre gris et blanc sur les murs, épais tapis sur les sols, larges couloirs agrémentés de composition florales blanches pleines d’emphase. Un sourire à celle-ci, une poignée de main à celui-là, quelques mots avec un autre. Mélange de décontraction et de concentration, à quelques minutes d’une très importante conférence de presse, dans laquelle seront présentés deux gros projets d’obédience humanitaire, dans lesquels elle est impliquée.

Le siège de cette grosse banque marocaine fait partie du quotidien de celle qui y exerce la fonction de directrice Exécutive de la fondation BMCE. Un titre pompeux pour un travail, en vérité, très social : l’ancienne championne olympique y assume la responsabilité de la création d’écoles communautaires rurales, avec derrière elle, déjà 45 programmes menés à bien dans tout le Maroc. Et cette femme à la générosité légendaire œuvre aussi bénévolement pour la fondation américaine Laureus, qui s’est fixée pour mission d’encourager l’utilisation du sport pour le changement social à travers le monde. Elle s’y retrouve aux côtés de 44 sportifs de grand renom. Parmi lesquels, Michael Johnson, Edwin Moses, Emerson Fittipaldi, tous présents ce jour-là à Casablanca pour marquer leur intérêt envers le projet ‘’le sport au féminin comme levier du développement rural’’, cher à Nawal El Moutawakel…

Trois hommes prestigieux que des applaudissements chaleureux accueillent à leur arrivée dans cet amphithéâtre somptueux. En une marque de reconnaissance de leur immense palmarès, autant que de sympathie face à la venue de ces grandes stars dans ce pays arabe tellement heurté par les évènements politiques de ces derniers mois. Plus tard, Nawal soulignera d’ailleurs : ‘‘la face du monde a complètement change depuis le 11 septembre. Le peuple arabe vit un traumatisme’’. La présence à Casablanca de deux ‘’grosses pointures’’ américaines sonne comme un véritable symbole, dans un pays où l’extrémisme islamiste est clairement combattu par le Roi, pourtant adulé par son peuple pour la volonté d’ouverture politique qu’il a largement manifesté depuis son accession au pouvoir, après le décès de Hassan II.

Très vite, d’ailleurs, à peine l’intervention un tantinet pompeux du Président de la Banque terminée, les échanges vont démontrer cette liberté de ton, loin des propos conventionnels si souvent entendus dans de telles enceintes. On n’est pas venu ici que pour s’enthousiasmer sur le récit du déplacement de Johnson, Moses et Fittipaldi, au cœur de l’Atlas près de Marrakech, sur leurs matchs de foot avec les gamins du village ou pour rire à les écouter raconter leurs courses à dos d’âne… Ahmed, journaliste pour l’Union Socialiste, ne se laisse pas intimider par les propos convenus de Edwin Moses pour le pouvoir du sport de changer le monde et il l’interpelle sans détours sur les évènements de la Palestine : ‘’Les Champions peuvent-ils faire quelque chose dans les territoires occupés, surtout pour aider les enfants victimes de blessures?’’ A la tribune ; Nawal El Moutawakel ne cille pas devant cette intrusion de la politique dans cet espace réservé au sport et à l’humanitaire. Elle conservera ce visage impassible, lorsque revient en litanie la question des montants consacrés à chaque projet par ‘’Laureus’’, affichés entre 50 et 100000 dollars. Nawal sait combien la transparence financière demeure au cœur des préoccupations du peuple marocain. Au point que, pressentie pour assumer la présidence de la fédération marocaine d’athlétisme, elle a pausé en préalable un vrai travail d’audit comptable, qui n’a pas abouti. Pour sa propre course féminine, elle évoluera d’ailleurs en toute clarté, en soumettant le budget de son organisation à un cabinet d’audit, chargé de l’authentification des sommes engagées.

Pour Nawal, tout ceci n’est que fétu de paille. L’essentiel est ailleurs. Dans son envie de promouvoir le sport, comme moyen d’expression, en particulier pour les femmes de son pays, ou encore de toute l’Afrique. L’ancienne athlète, la première championne olympique que l’Afrique et les Pays Arabes aient connue, s’en explique de quelques mots : ‘’Le sport a complètement changé ma vie. Il a forgé ma responsabilité’’ Et ce sens du devoir ne l’a plus jamais quittée depuis la fin de sa carrière sportive, pour l’amener à tant de fonctions officielles, du CIO à L’IAAF, en passant par l’Unicef et une présence à moult évènements centrés sur le sport au féminin. Parce qu’elle n’aurait pas pu envisager de devenir une simple ‘’Exécutive Woman’’ et d’oublier ces millions de femmes marocaines pour lesquelles elle est devenue un beau jour de 1984, une véritable icône, au point de voir certaines de petites filles être prénommées Nawal…

Dans l’amphithéâtre, une jeune femme suit avec attention cette tribune. Agée d’une quarantaine d’années, Tam fait indéniablement partie d’une certaine intelligentsia marocaine, statut que lui procurent sa profession de dermatologue, de fréquents voyages vers l’étranger, une participation à de nombreux congrès médicaux, ainsi que le job de chirurgien de son mari. Mais Tam demeure très réaliste sur la place réelle du sexe dit faible dans son pays : « La femme décide tout dans son foyer. Mais le mari conserve une image très patriarcale. La femme marocaine reste loin des milieux où les choses se font » . Son dynamisme l’a poussée à ne pas baisser les bras, et elle se bat au quotidien pour la survie de son service à l’hôpital public de Casa. L’initiative de la course féminine de Nawal El Moutawakel a trouvé tout son écho chez cette coureuse à pied confirmée, avec ses dix ans de pratique et ses neuf marathons, qui a immédiatement adhéré au « Comité de Soutien » créé pour appuyer ce projet. Et Tam a œuvré avec un prosélytisme à outrance autour d’elle pour convaincre toutes les femmes de ménage, qui lui confiera : « Ce dossard, c’est le plus beau cadeau que j’ai reçu de ma vie ! » Elle a aussi ramené vers son club, le Club marocain des Coureurs de Fond, un petit groupe de femmes, pour les pousser à s’entraîner. Et elle confie avec un soupçon d’amertume : « J’ai découvert que beaucoup de femmes de coureurs étaient très étonnées à l’idée de pouvoir courir aux côtés de leur mari… » Le lendemain, sur l’aire de départ, le bruyant groupe du Club marocain des Coureurs de Fond n’affiche que la bonne humeur, les maris aux petits soins de leurs épouses, toutes vêtues du même ensemble débardeurs-short. Et le Président du Club ne manque pas de se réjouir tout haut de cet engouement féminin, même si cet architecte concède que le sport demeure pour le moment strictement limité aux milieux favorisés du pays : « Les classes populaires ont d’autres soucis, qu celui de penser à l’épanouissement de leur corps. Du coup, la masse est à la traîne. Malgré tout, les choses bougent énormément. On voit de plus en plus de femmes issues de la classe traditionnelle ( qu’il qualifie de « mystico-religieuse » ) marcher ou courir, toujours bien couvertes » .

LES RUES DE CASA LIVREES AUX FEMMES
A quelques heures du départ, sur la place Mohamed V, une grosse Lancia déboule. Nawal El Mourtawakel en sort, Visage tendu et fatigué. La nuit a été blanche. La pression pèse lourd, avec ces trois stars à gérer, au cœur d’une foule prompte à s’enflammer et à déborder. Nawal ne se concentre que sur l’aspect sécurité, qu’elle règle longuement avec le responsable de la police. Elle sait que la journée s’annonce très chargée pour les forces de l’ordre, contraintes de bloquer les énormes artères de Casa pour protéger le passage des coureuses et de faire face en même temps au déferlement imminent sur la ville des 80000 supporters venant assister à l’un des plus gros matchs de foot de la saison au Maroc…

Côté organisation, elle sait aussi que l’intendance repose en de bonnes mains. Entre autres,, celles de khadija Bechar, l’éminence grise de Nawal depuis près de vingt ans. Les deux femmes se sont connues et appréciées lors des Jeux Méditerranéens de 1983 à Casablanca. Plus de vingt ans les séparent mais chacune a reconnu en l’autre une personnalité de qualité. Khadija peut se revendiquer fièrement comme « La doyenne de l’athlétisme marocain » : elle a pris sa première licence d’athlétisme en 1955, dans un pays encore colonisé par la France…Après une honnête carrière d’athlète, marquée par un record du lancer du disque du Maroc en 1957, et des études de professeur d’EPS, Khadija reviendra vers ce sport, comme juge fédérale, avant de devenir Présidente de la Commission Sociale de la Ligue de Rabat, où sa fonction principale tourne autour de la promotion de l’athlétisme au féminin. Du haut des 60 ans qu’affiche officiellement son état-civil, mais que son dynamisme dément à chaque minute, Khadija peut témoigner de l’évolution du statut de la femme marocaine : « Elle est bien plus libre. Elle a une vraie place, elle a droit à la parole, elle a le droit de courir. Avant, ce n’était pas possible de voir des femmes courir dans la rue devant des hommes » .
Aujourd’hui, à Casa, elles sont plusieurs milliers qui auront ce privilège. Et encore, beaucoup de larmes vont couler ce matin, sur les visages de gamines qu’on refuse d’inscrire. La ville, les files d’attente se sont étirées jusqu’à minuit, au Complexe Sportif Mohamed V, pour recevoir le précieux sésame. Et ce matin, la masse est dans la rue. Des femmes en short, cuissard court, tee-shirt officiel à manches courtes. D’autres femmes ben couvertes, pantalon large et lâche, voile noir sur les cheveux et casquette blanche par-dessus pour protéger du soleil, manches longues sur les bras. Des gamines à peine adolescentes, en pagaille, aux tenues mêlées. Elles seront plus de 10000 à se rassembler pour ce projet bâti rien que pour elles. Très vite, la place se retrouve entièrement livrée aux femmes. Des mères sont là, souvent vêtues de longues robes sans forme, et les cheveux couverts du voile traditionnel, mais toujours promptes à épauler leurs filles, souvent très jeunes, parfois habillées d’un short court. Et les hommes quasiment absents, qu’ils soient maris ou pères…. A quelques minutes du départ, une jeune femme décroche son téléphone portable pour appeler son foyer et raccroche, un peu dépitée, après ces quelques morts à son enfant : « Ah, papa est encore au lit ? Dis-lui bien de ma part que c’est le départ et qu’on aurait tellement aimé sa présence ici ! »

Mais l’amertume n’est pas de mise ce matin, ni les autres jours. Comme me le confie Nezha, employée dans une banque, habituellement pratiquante du fitness en salle de sport et de la marche avec son groupe de copines : « je suis ici par solidarité avec la femme marocaine. Une participation, même symbolique, compte. Il faut montrer que les femmes sont solidaires. Il faut beaucoup de courage pour toutes les femmes dans le monde entier, mais il en faut plus dans les pays pauvres. Mais vous savez, la femme marocaine ne s’est jamais laissée faire. Ce ne sont pas des soumises ! » Et Nezha de s’enthousiasmer du fabuleux mélange qu’on découvre dans ces rues, toutes classes sociales et tous âges mélangés. L’une des anciennes », âgée de 76 ans, confie ses motivations : « Ca m’a beaucoup plu de voir toutes ces femmes ensemble. J’ai trouvé ça très intéressant. Je serai triste si je n’avais pas participé. « Elle n’a jamais pratiqué le moindre sport et s’est limitée ce matin à une marche de quelques pas. Avec à ses côtés, une autre femme en tenue traditionnelle et voile sur les cheveux, sa belle-fille, Djamila, qui était présente à la 1ère édition de l’épreuve, il y a près de dix ans, en 1993. Maintenant cette jeune enseignante en arabe, mère de deux enfants, mariée avec un ancien footballeur,( qui œuvre d’ailleurs à l’organisation de l’épreuve féminine), se contente d’un peu de marche à pied pour se rendre au travail, tout en soulignant tout le bienfait du sport pour la santé de la femme marocaine.

Des groupes compacts de femmes ont désormais submergé les larges artères de Casablanca. Des centaines de gamines fluettes se sont envolées comme des moineaux. A peine âgées de 10-12 ans pour certaines. Des chaussures enfilées de bric et de broc, souvent bien trop grandes. Comme celle-ci, partie avec les chaussures de foot de son frère…Sur les trottoirs, quelques hommes assistent à notre passage, un peu plus nombreux dans les quartiers plus populaires. Quelques groupes enfourchent des trompettes, je comprendrais plus tard qu’ils s’échauffent pour le match de foot de l’après-midi. Les paroles d’encouragement sont rares. De temps en temps, un « Bravo », souvent lancé par un homme âgé. Les jeunes filles qui m’entourent sursautent parfois à l’écoute de certains propos, comme quand elles s’entendent dire « Je ne croyais pas qu’il y avait tant de femmes au Maroc ! » ou encore « Courez, c’est comme ça que le Maroc s’en sortira… »
Plus tard, Nawal El Moutawakel sourira en entendant ces propos. Elle soulignera avec calme : « il ne faut pas trop brusquer. Vous savez, moi, je viens du 400 mètres haies. Je sais ce que sont que les barrières… » Peut-être a-t-elle transmis ce refus des obstacles à ses compatriotes, pour lesquelles aucun propos blessant ne pourra ternir le sentiment d’exaltation qu’elles vivent, à arpenter les rues de cette ville tentaculaire qu’est devenue casablanca. L’immense mosquée Hassan II se profile à l’horizon fabuleux construction, enrichie du travail méticuleux de milliers d’artisans marocains. Le circuit évite le parvis de ce monument religieux et nous amène dans le souterrain réservé aux voitures. A ce passage, quelques femmes chantent, d’autres crient. Moment d’émotion, pour cet instant de liberté improvisée…Plus loin, après le sublime passage le long des remparts cernant l’ancienne Médina. Les moteurs des voitures grondent de chaque cote, dans l’attente de notre passage. L’énervement devient visible chez les automobilistes, pressés de se rendre au stade de foot… L’arrivée se profile, comme une délivrance pour beaucoup de femmes, peu entraînées pour courir dix kilomètres. Certaines l’ont vécu comme un défi personnel, comme Najia, terriblement fière de son temps de 1h 15’, pour sa première participation. Pourtant à 48 ans compte derrière elle une carrière d’athlète menée sur 400 mètres, jusqu'à accéder à l’équipe nationale marocaine, pour des compétitions en Algérie, Tunisie et Maroc, ainsi qu’en cross, où elle avait atteint un bon niveau en 1974. Ensuite ce fut le temps de former une famille de trois enfants, de 22 ans, 17 et 9 ans, de travailler également, à la banque populaire. Pour autant Najia n’a jamais totalement abandonné le sport, avec de la salle en semaine, de la natation, et du footing tous les week-ends. Najia n’avait plus disputé une seule compétition depuis 1978, mais elle s’est retrouvée inscrite sur, l’insistance de sa sœur aînée, âgée de 50 ans, qui a disputé le marathon des sables en 2001. Pour cette irruption au cœur de cette masse féminine, dans laquelle elle retrouve quantité d’amis, voisines et connaissances, elle n’a pas quitté son pantalon long bien ample, son foulard noir qu’elle a surmonté d’une casquette blanche. Une tenue traditionnelle, qui ne l’a nullement gênée pendant sa course, même si elle concède ne l’avoir adoptée que depuis moins d’une année, pour une simple raison : ‘’c’est écrit dans l’islam.’’

Comme en écho, au même moment, une jeune coureuse, short et débardeur bien dégagé, descend du podium, une grande coupe et un beau bouquet dans les bras. Zhor El Kamch, 28 ans, originaire de Rabat, vient de remporter sa 4ème course Féminine. L’une des meilleurs athlètes marocaines, sélectionnée au championnat du Monde d’athlétisme sur 5000 m en 1999, aux J.O de Sydney, plusieurs titres de championne du Maroc de cross, reçoit une accolade de chaleureuse de Nawal El Moutawakel. Cette victoire marocaine parachève une réussite totale pour Nawal et son équipe, avec laquelle elle a travaillé d’arrache-pied ces derniers mois pour cet évènement et qu’elle n’oublie pas d’associer à ses côtés par ces mots : ‘’Celui qui a gagné seul a tout perdu !’’

De cette journée, elle ressort épuisée et fière. De cette union sacrée qu’elle a su bâtir pour la femme marocaine, qu’elle veut montrer moderne et capable, ‘’comme toutes les femmes du monde’’. de cette implication dans cette cause du sport au féminin, pour apprendre aux femmes que le sport signifie aussi solidarité et amitié. Du soutien total rencontré auprès de toutes les instances officielles et sponsors. Et terriblement heureuse de savoir aussi que derrière elle, d’autres athlètes marocains, comme El Guerrouj ou Nezha Bidouane, acceptent également, par d’autres projets, d’assumer une responsabilité par rapport aux jeunes de leur pays. Encore la validation de sa formule préférée : ‘’la politique de la chaise vide ne sert à rien’’.

Demain matin, Nawal ne participera pas à la ‘’table ronde ambulante’’, comme elle surnomme son footing quotidien sur la corniche. Elle y retrouve habituellement un groupe de quelques personnes ‘’décisionnaires’’, comme le gouverneur de Casablanca, et ce jogging sert autant à entretenir sa forme qu’à échanger des idées et à bâtir des projets. Mais depuis peu, Nawal souffre terriblement d’une hernie discale, cette pathologie qui l’avait contrainte à stopper sa carrière très prématurément. Alors, elle se contentera de quelques foulées symboliques sous l’œil d’une équipe de caméraman venue spécialement d’Hollywood, pour tourner un film sur cette icône du Maroc.

 
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